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Vitesse de remontée & deep stop en plongée loisir

 

Pré-requis

Connaissance de base de la décompression.

 

 

Les micro-bulles quoi ? Comment ?

On entend toujours plus parler des micro-bulles et des deep stops, que ce soit dans les revues spécialisées, sur les forums de plongée, ou par les fabricants d'ordinateur de plongée ventant leur dernier algorithme avec gestion des micro-bulles et deep stops.

Mais qu'est-ce exactement ? Quelle application pour le plongeur loisir ?

 

 

Micro-bulles théorie

Pendant longtemps on considérait que seul une décompression sans formation de bulles permettaient d'éviter l'accident de décompression. Dans les années 70 grâce à l'utilisation des instruments Doppler (genre de radar permettant de détecter des bulles dans la circulation sanguine), on découvrit que la plupart des plongées, même celles dans la courbe de sécurité, provoquaient la formation de petites bulles circulantes.

Ces bulles circulantes, qu'on appellera aussi bulles asymptomatique, car elles ne provoquent pas de symptômes ou bulles silencieuses*, ces bulles donc en quantité raisonnable ne provoqueront pas d'accident de décompression, elles seront éliminés au niveau des poumons par la respiration. En effet la pression sanguine étant plus petite au niveau veineux, qu'au niveau artérielle, on aurait donc une différence de pression par rapport au milieu ambiant plus grande dans les veines, c'est donc dans les veines avant tout qu'on retrouvera ces bulles, heureusement car le sang veineux retournant dans les poumons les bulles y seront "filtrées". 

 

*Bulles silencieuses, encore plus petites ne pouvant être détectés au Doppler, elles ne provoquent pas de bruit sur cet appareil. 

 

Formation micro bulle plongée

 

Ces bulles présentes dans la circulation sanguine auront différents effets:

  • En fonction de la quantité elles perturberont la circulation sanguine au niveau des poumons, ce qui diminuera l'élimination de l'azote.

  • En cas de plongées Yo-Yo ou successives rapprochées, leur taille diminuant pendant la descente, elles pourront passer à travers le filtre pulmonaire, se trouvant du coté artériel elles deviendront potentiellement dangereuses.

  • Pour les personnes  souffrant d'un foramen ovale perméable (env. 15-30% de la population selon les études), les bulles pourront passer du coté gauche au coté droit du cœur et se retrouver dans la circulation artérielle.

  • De toute façon elles se rajouteront à d'éventuelles bulles produites par un début d'accident de déco.

Les premières tables à tenir compte si l'on peut dire de la formation de ces bulles furent les tables Bühlmann qui en proposant déjà à l'époque (1976) une vitesse de remontée lente de 10m/min, diminuaient la formation des ces bulles à la remontée. Puis Scubapro sortie les ordinateurs DC11 et DC12 avec un algorithme Bühlmann modifié par Dr.Hahn, ils considéraient une formation excessive de bulles à chaque plongée, résultat ils avaient la réputation de donner des paliers même sous la douche. Puis Uwatec sortie son algorithme ZHL-8 ADT ( Bühlmann + ADT) ADT pour "adaptif" c'est à dire qui s'adaptent aux conditions spéciales de plongée: Yo-Yo, plongée profonde, effort, successives multiples, froid, remontée trop rapide..., le principe est, quant cas de facteur à risque le calcul de désaturation sera modifié. Par exemple une remontée trop rapide entraîne une formation supplémentaire de bulles circulantes, les échanges gazeux au niveau pulmonaire étend perturbés, l'ordinateur diminuera la vitesse de désaturation du sang, ce qui rallongera les paliers.

L'étape suivante fut l'utilisation d'algorithme type VPM ou RGBM (modèle faible gradient de bulles de Suunto par exemple).

Le principe des algorithme type RGBM, c'est que les calcules ne se font plus sur l'azote dissous dans les tissus (phase dissoute) mais sur le nombre et la croissance des bulles (phase gazeuse). Un modèle Full RGBM et un modèle qui calcul uniquement la phase gazeuse, ce qui est peut utilisé, généralement les ordinateurs standards dit RGBM (Mares et Suunto), VPM (VR3) ou MB (Uwatec) effectue un calcul mixte phase gazeuse, phase dissoute, et souvent la phase classique (dissoute) type Bühlmann sera prépondérante.

Le principe théorique de base du RGBM est qu'en effectuant des paliers plus profond que dans les algorithmes standards, on diminue la formation des micro-bulles et on aura une meilleure décompression, on pourrait donc diminuer les paliers peut profond. Les fabricants d'ordinateur aimant innover sans prendre de risque, on aurait des paliers profonds en plus mais sans diminuer les paliers moins profonds.

Une autre possibilité pour diminuer les micro-bulles est simplement de faire des paliers profonds en plus sans calcul spécifique, par exemple un arrêt de 2min. à mi-profondeur, pendant cette arrêt on aura une augmentation de la saturation de certain tissus ce qui rallongera probablement le palier de 3m par contre une partie des micro-bulles naissantes seront éliminés, c'est ce qu'on appelle des deep stops, certain ordinateur intègre cette option comme les Suunto DS (DS pour deep stop), le VR3 ou les Mares RGBM.

La méthode la plus connus et la méthode Pyle (du nom de son inventeur), on calcul la distante à parcourir jusqu'au prochain palier de déco et on effectue un arrêt de 2min à mi distance puis on recommence le calcul, on répète l'opération tant qu'il y a plus de 10m de distance, après on effectue les paliers normaux, attention avec un ordinateur pas de problème, par contre avec une table il faudra rajouter le temps des deeps stop au temps de fond. Exemples: profondeur 45m, premier palier à 9m, premier deep stop 27m, deuxième deep stop 18m, puis palier à 9m.

 

Et en plongée loisir ?

Le DAN a mené une expérience intéressante, ils ont comparés différentes méthodes de remontée et mesuré au Dopler le nombre de bulles circulantes après la plongée, les conclusions était qu'une remontée plus lente que 10m/min n'apportait aucun avantage en terme de nombre de bulles, par contre des remontées plus rapide produisaient plus de bulles donc la vitesse optimale serait autour des 10m/min. Si le plongeur effectuait un arrêt à mi-profondeur (15m dans cette expérience) le nombre de bulles diminuait encore, et surtout il y avait moins de bulles après une remontée à 10m/min avec un arrêt à mi-profondeur qu'après une remontée plus lente à 3m/min sans arrêt, donc c'est bien le fait d'avoir effectué un deep stop qui avait diminué le nombre de bulles et nom pas la vitesse moyenne plus petite que 10m/min.

Le plongeur loisir peut aussi profiter de ces nouvelles techniques pour augmenter la sécurité de ses plongées, d'abord en essayant de remontée à environ 10m/min quelque soit la profondeur, et ensuite en rajoutant un palier de 2 ou 3 min à mi profondeur, ou alors en utilisant des ordinateurs avec la fonction deep stop.

 

Daniel Germanier, Instructeur Trainer